La Cnav a publié le 16 juillet 2026 ses derniers chiffres : 66 816 bénéficiaires de la retraite progressive au 30 juin 2026, contre 34 798 un an plus tôt. Le dispositif a presque doublé en douze mois.
CV Corinne Verdun| Publié le 10 septembre 2026 | 5 min de lectureLe mouvement n'est plus marginal. Entre juin 2025 et juin 2026, le nombre d'assurés du régime général en retraite progressive a été multiplié par 1,9. Sur le seul premier semestre 2026, il progresse de près de 21 000 personnes. La Cnav rattache cette dynamique aux assouplissements successifs des conditions d'accès et à une meilleure appropriation du dispositif par les assurés.
Les chiffres officiels de la Cnav
| Date d'observation | Bénéficiaires au régime général |
|---|---|
| 30 juin 2025 | 34 798 |
| 31 décembre 2025 | 45 948 |
| 30 juin 2026 | 66 816 |
Ces chiffres portent sur le seul régime général. Ils ne comptabilisent ni les fonctionnaires ni les professions libérales, qui relèvent de leurs propres caisses depuis l'ouverture du dispositif à ces publics.
Ce qui explique la progression
Trois facteurs se cumulent. D'abord l'ouverture du dispositif aux fonctionnaires et aux professions libérales, qui en étaient exclus. Ensuite l'encadrement du refus de l'employeur : le silence gardé pendant deux mois vaut acceptation, et un refus doit être motivé par l'incompatibilité de la durée souhaitée avec l'activité économique de l'entreprise.
Enfin et surtout, l'abaissement de l'âge d'accès. Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est ouverte à 60 ans pour tous, quelle que soit la génération. Auparavant, cet âge se calculait par référence à l'âge légal diminué de deux ans, ce qui le repoussait mécaniquement pour les générations visées par la réforme de 2023.
Les conditions réellement en vigueur
- 60 ans révolus, pour toutes les générations
- 150 trimestres validés, tous régimes de base confondus
- Une ou plusieurs activités à temps partiel représentant ensemble entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle
- L'accord de l'employeur sur le passage à temps partiel, demandé par lettre recommandée
On lit parfois que la durée requise aurait été abaissée de 150 à 140 trimestres par une loi de février 2026. C'est inexact : la condition reste fixée à 150 trimestres, et aucun texte propre à la retraite progressive n'est intervenu en 2026. Les assouplissements décrits ici procèdent de la réforme de 2023 et de son application au 1er septembre 2025.
Comment la pension est calculée
La fraction de pension versée est exactement le complément de la quotité travaillée : 100 % moins le pourcentage de temps travaillé. Elle est calculée à titre provisoire sur les droits acquis à la date de la demande.
ExempleUne assurée de 61 ans, 152 trimestres validés, dont la pension de base serait de 1 500 € par mois si elle liquidait aujourd'hui, passe à 60 % d'un temps plein.
Elle perçoit 60 % de son salaire, plus 40 % de 1 500 €, soit 600 € de pension provisoire.
Elle continue de cotiser sur son activité réduite : ces trimestres et ces salaires entrent dans le calcul définitif au moment de la liquidation complète.
C'est le point le plus souvent négligé : la retraite progressive n'ampute pas la pension future. Les périodes travaillées à temps partiel continuent de générer des droits, et la pension est recalculée définitivement lors du départ complet, en intégrant tout ce qui a été cotisé entre-temps.
En cas de changement de quotité, la fraction de pension est révisée et la nouvelle fraction prend effet le premier jour du mois suivant. Le dispositif prend fin définitivement en cas de retour à temps plein.
Le calendrier de la demande
La demande de retraite progressive se dépose au moins cinq mois avant la date d'effet souhaitée, sur info-retraite.fr ou par formulaire. L'accord de l'employeur sur le temps partiel doit être obtenu en amont, et la lettre recommandée lui laisse deux mois pour répondre. Il faut donc compter environ sept mois entre la première démarche et le premier versement.
À retenir- 66 816 bénéficiaires au 30 juin 2026, contre 34 798 un an plus tôt
- Accès à 60 ans pour tous depuis le 1er septembre 2025
- 150 trimestres requis, et non 140
- Quotité de travail comprise entre 40 % et 80 %
- Les trimestres cotisés pendant la période comptent pour la pension définitive