La suspension de la réforme a décalé les âges de la catégorie active comme ceux du régime général. Voici les tableaux à jour, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et les conditions de durée de services qui décident de l'éligibilité.
CV Corinne Verdun Rédactrice en chef · Experte retraite | Mis à jour le 10 septembre 2026 7 min de lectureUn agent de la fonction publique consulte ses droits à la retraite.
La catégorie active permet à certains fonctionnaires de partir bien avant l'âge légal de droit commun. La réforme de 2023 avait relevé ces bornes, la suspension les a décalées à leur tour. Les tableaux ci-dessous sont ceux publiés par la CNRACL, applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Qui relève de la catégorie active
Ce sont les emplois présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles. Le classement résulte de listes réglementaires, pas d'une appréciation individuelle : un agent occupe, ou n'occupe pas, un emploi classé.
La condition décisive n'est pas l'âge mais la durée de services accomplis dans un emploi classé en catégorie active. Elle reste fixée entre 15 et 17 ans selon la situation, et la suspension ne l'a pas modifiée. C'est cette condition qui écarte le plus de dossiers : un agent qui a changé de fonctions en cours de carrière peut se retrouver en deçà sans l'avoir anticipé.
Catégorie active : les âges depuis le 1er septembre 2026
| Date de naissance | Âge légal de départ | Durée d'assurance requise |
|---|---|---|
| 1968 | 57 ans 9 mois | 170 |
| 1969 | 57 ans 9 mois | 170 |
| 01/01/1970 – 31/03/1970 | 57 ans 9 mois | 170 |
| 01/04/1970 – 31/12/1970 | 58 ans | 171 |
| 1971 | 58 ans 3 mois | 172 |
| 1972 | 58 ans 6 mois | 172 |
| 1973 | 58 ans 9 mois | 172 |
| 1974 et après | 59 ans | 172 |
Pour les générations antérieures, l'âge reste fixé à 57 ans — c'est notamment le cas des agents nés entre le 1er janvier et le 31 août 1966. Le relèvement progressif ne s'achève qu'avec la génération 1974, qui atteint 59 ans.
Une erreur fréquente
On lit souvent que « l'âge est de 59 ans à partir de 1967 ». C'est faux de sept générations : les 59 ans ne concernent que les agents nés à compter de 1974. Un agent né en 1968 part à 57 ans et 9 mois, soit quinze mois plus tôt.
La catégorie super-active
Elle concerne notamment les agents des réseaux souterrains des égouts et le corps des identificateurs de l'institut médico-légal de la préfecture de police. Les âges sont plus bas encore.
| Date de naissance | Âge légal de départ | Durée d'assurance requise |
|---|---|---|
| 1973 et 1974 | 52 ans 9 mois | 170 |
| 01/01/1975 – 31/03/1975 | 52 ans 9 mois | 170 |
| 01/04/1975 – 31/12/1975 | 53 ans | 171 |
| 1976 | 53 ans 3 mois | 172 |
| 1977 | 53 ans 6 mois | 172 |
| 1978 | 53 ans 9 mois | 172 |
| 1979 et après | 54 ans | 172 |
La condition de services y est bien plus lourde que pour la catégorie active : 12 ans de services dans les réseaux souterrains homologués, dont 6 ans consécutifs, et 32 ans de services effectifs. Elle non plus n'a pas été modifiée par la suspension.
Et pour les fonctionnaires sédentaires ?
La très grande majorité des agents relève de la catégorie sédentaire. Pour eux, le calendrier est celui du régime général : la suspension ramène l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour la génération 1964 et pour les agents nés entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, au lieu des 63 ans puis 63 ans et 3 mois prévus par la réforme de 2023.
La durée d'assurance exigée suit le même mouvement : elle est réduite d'un trimestre pour la génération 1964 et de deux trimestres pour le premier trimestre 1965, soit 170 trimestres dans les deux cas. La cible de 172 trimestres n'est atteinte qu'à partir de la génération 1966.
La carrière longue dans la fonction publique
Le dispositif de carrière longue reste ouvert aux agents qui ont commencé à travailler tôt. La suspension ne modifie pas les bornes d'âge de ce dispositif : elles restent celles fixées par la réforme de 2023, selon l'âge de début d'activité.
En revanche, la durée cotisée exigée est abaissée comme pour les autres assurés : 170 trimestres pour la génération 1964 et pour les agents nés au premier trimestre 1965. Un agent qui atteint cette durée à la borne d'âge correspondant à son âge de début d'activité peut donc partir plus tôt qu'il ne le pensait.
Ce que la suspension ne change pas
Trois points sont régulièrement mal compris. D'abord, le mode de calcul de la pension n'est pas touché : il reste fondé sur le traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois et sur le nombre de trimestres liquidables.
Ensuite, la durée de services exigée pour ouvrir droit à la catégorie active ou super-active est inchangée, de même que la limite d'âge propre à chaque corps.
Enfin, la suspension ne rouvre aucun droit pour les pensions déjà liquidées : elle s'applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
À retenir
- Catégorie active : 59 ans à partir de la génération 1974, et non 1967
- Catégorie super-active : 54 ans à partir de la génération 1979
- Condition décisive : la durée de services en emploi classé, entre 15 et 17 ans selon la situation
- Sédentaires : 62 ans et 9 mois pour 1964 et le premier trimestre 1965
- La suspension abaisse la durée requise à 170 trimestres pour ces générations
- Le calcul de la pension et les limites d'âge restent inchangés
Sources officielles
- → CNRACL – Âge légal de départ à la retraite (catégories active, super-active et sédentaire)
- → Décret n° 2026-344 du 7 mai 2026 relatif à l'âge d'ouverture du droit à pension et à la durée d'assurance requise
- → Service des retraites de l'État – Conditions de départ des fonctionnaires de l'État