Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 a réécrit l'article D. 351-1-1 du code de la sécurité sociale. Quatre bornes d'âge structurent le dispositif, mais une seule fait l'objet d'aménagements génération par génération — celle qui concerne le plus de monde. Ces conditions valent pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Les quatre bornes de début d'activité

L'âge de départ anticipé dépend de l'âge auquel on a commencé à travailler.

Seule la troisième borne est amendée par le décret, pour les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1970. Les trois autres s'appliquent telles quelles.

Début avant 20 ans : le tableau par génération

Génération Âge de départ possible Trimestres cotisés requis
01/09/1961 – 31/08/1963 60 ans 169 à 170 selon l'année
01/09/1963 – 31/12/1963 60 ans 3 mois 170
1964 60 ans 6 mois 170
01/01/1965 – 31/03/1965 60 ans 9 mois 170
01/04/1965 – 30/11/1965 60 ans 9 mois 171
01/12/1965 – 31/12/1965 60 ans 8 mois 171
1966 60 ans 9 mois 172
1967 61 ans 172
1968 61 ans 3 mois 172
1969 61 ans 6 mois 172
1970 61 ans 9 mois 172

La ligne de décembre 1965 n'est pas une coquille : le décret fixe bien 60 ans et 8 mois pour ce seul mois, soit un mois de moins que pour les onze précédents. Pour les générations 1966 à 1969, le texte procède autrement : il retient l'âge légal de la génération minoré de deux ans et six mois, ce qui produit les valeurs du tableau.

La durée cotisée exigée

L'article D. 351-1-1 ne fixe pas de durée propre à la carrière longue. Il renvoie à la durée d'assurance de la génération. Autrement dit, il faut justifier en trimestres cotisés l'équivalent de ce qui est exigé, tous trimestres confondus, pour le taux plein.

La suspension a donc un double effet : elle abaisse l'âge de départ anticipé et le nombre de trimestres cotisés à réunir. Pour la génération 1964, c'est 170 au lieu de 171. Pour les nés entre janvier et mars 1965, 170 au lieu de 172 — deux trimestres de moins, soit six mois d'activité économisés.

Quels trimestres comptent comme cotisés

C'est le point qui fait échouer la plupart des dossiers. Seuls les trimestres effectivement cotisés sont retenus pour l'ouverture du droit, auxquels s'ajoute un nombre limité de trimestres dits « réputés cotisés » : service national, maladie, maternité, accident du travail, chômage indemnisé, chacun dans une limite propre.

La nouveauté du 1er septembre 2026

Jusqu'à deux trimestres réputés cotisés au titre de la maternité ou de l'éducation d'un enfant sont désormais retenus pour l'ouverture du droit. Ils en étaient exclus, ce qui écartait du dispositif de nombreuses femmes entrées tôt dans la vie active mais dont la carrière comportait des interruptions liées aux enfants. Selon les estimations gouvernementales, environ 13 000 femmes de la seule génération 1970 seraient concernées.

À l'inverse, les trimestres issus d'un rachat ne comptent pas, sauf le rachat des années d'apprentissage et les versements demandés avant le 13 octobre 2008. On peut donc racheter douze trimestres sans avancer d'un jour son départ anticipé.

La condition de début de carrière

Il faut avoir validé au moins cinq trimestres avant la fin de l'année civile des 16, 18, 20 ou 21 ans selon la borne visée. Pour les personnes nées en fin d'année — octobre, novembre ou décembre — quatre trimestres suffisent, faute de quoi la condition serait mécaniquement impossible à remplir.

C'est cette condition, et non la durée totale, qui écarte le plus souvent les dossiers. Un premier emploi d'été à 17 ans peut suffire à valider les trimestres manquants : cela vaut la peine de vérifier son relevé de carrière avant de conclure qu'on n'est pas éligible.

À retenir Sources officielles